24 novembre 2015

Je suis malade. En repos forcé pour recharger ma pile interne.

Beaucoup d'eau a coulé depuis la création de ce blog en février 2014.  

Mon intention initiale avec ce blog était de vous partager mes réflexions, mes trouvailles et mes expérimentations sur le chemin de la vie pour atteindre le bonheur au quotidien.  

Ai-je failli? Suis-je face au plus grand échec de ma vie?

Depuis hier, je suis en congé forcé.  
Les revers rencontrés sur ce chemin m'ont mis K.-O.

Je suis, pour un moment, déclarée malade pour trouble d'adaptation au grand stress causé par tous ces revers.  Lesquels me direz-vous?  Tous les problèmes rencontrés lors de la vente de ma maison et l'achat de celle-ci, l'abandon de mon conjoint la journée de mon déménagement dans une ville où le permis de conduire est quasi essentiel alors que je ne l'ai pas, les tentatives de rapprochements avec ce conjoint, mon fils, cet enfant différent, le transport pour mon travail, la routine qui est chamboulée, etc.  

Certains diront que je suis fragile.  N'oubliez pas que je suis hypersensible, et que mon mental est très fort.  Ce dernier me fait vivre anxiété et angoisse.  Et mon hypersensibilité me fait pleurer à m'en étouffer et manquer d'air = j'hyper ventile, et hop une crise d'anxiété.

Ai-je failli à la tâche à trouver le bonheur au quotidien?

Et si ce repos forcé pour cause de « maladie mentale » - parce que oui malheureusement le tout se passe dans la tête malgré des symptômes physiques au niveau de la poitrine - serait le miracle demandé?

Depuis le 23 septembre dernier, soit depuis mon déménagement, j'ai pleuré plus que j'ai versé de larmes ces 11 dernières années.  En fait, je dirais que j'ai mon lot d'épreuves émotionnelles depuis que j'ai décidé d'être heureuse coûte que coûte.  Plusieurs seraient tentés de croire que la vie me teste, que Dieu veut vérifier si je suis sérieuse et engagée dans ma démarche.  Pff! Cette vie, ce Dieu devraient plutôt m'encourager et me rendre la vie facile.  N'est-ce pas? C'est tout à mon honneur de travailler sur moi quotidiennement, de vivre dans l'amour pour moi et mon prochain et développer mes qualités humanistes. Non? Je devrais pour ça avoir une vie agréable?  Me semble que je le mérite plus que d'autres qui se la coule douce à ne pas se poser toutes ces questions existentielles et s'introspecter.

Bah, il est là le problème. Mon mental est encore trop fort.  Il est subtil et m'attaque dans mes retranchements. Je n'ai plus envie d'être forte, et de tenir sur mes épaules le fort de ma vie. Il y a un problème de pyrite dans mes murs psychologiques...

Faire une crise d'angoisse (ou d'anxiété) c'est la preuve évidente que je suis partout sauf ici.  Partout sauf dans mon moment présent, et le bonheur est dans le moment présent.

Se sentir étouffée en-dedans, manquer d'air et avoir l'impression que le coeur va m'arrêter tellement je pleure; c'est la preuve que je ne respire pas jusque dans mon bas-ventre.  Que ma respiration arrête au niveau du plexus.  Et prendre le temps de respirer profondément c'est prendre le temps d'être ici. C'est une roue qui tourne sans cesse.

Donc, je suis malade.  Malade d'amour.  

Peut-on mourir d'une peine d'amour? Maintenant je crois que oui. J'ai eu le goût de mourir depuis le 23 septembre dernier. Le goût de disparaître après cet abandon.  Le goût de tout lâcher devant un avenir qui me fait plus que peur. 

Dans cette grande maison toute seule avec mes deux enfants.  Devant la vie difficile que j'imposais involontairement à mes enfants. La situation les obligeant à maturer plus vite que prévu.

J'ai écrit à ce conjoint déserteur toute ma colère et ma peine, et j'ai reçu comme message une menace d'appeler la police pour harcèlement.  Le couperet est alors tombé.  De victime, je suis passée à persécutrice. D'incomprise, je suis passée de méchante.  Je ne serais pas surprise de recevoir suite à ce « post » une pluie d'insultes, car sa réputation risque d'en prendre son rhume.  Je suis désolée cherrish, mais tu sais, ton nom n'apparaît nulle part.  Puis, entre toi et moi, je n'ai absolument rien à me reprocher, mis à part, avoir eu le goût de mourir. Alors s.v.p. lâche-moi les baskets.  J'ai ma vie à rebâtir et des enfants à sécuriser pendant que toi tu t'amuses.

Mais je ne ferai pas son procès ici, vous êtes capables de lire entre les lignes. J'ai une maladie mentale. C'est ce qui est plus important pour le moment.  Une maladie d'émotions, une maladie émanant de mon incapacité à tout gérer cette épave qu'est ma vie, et même ça, cette dernière phrase, c'est la preuve de l'emprise de cette maladie sur ma compréhension de la vie; je ne vois plus clair en ce moment. 

Je suis donc en congé forcé.  En congé pour prendre soin de mon âme.  En congé pour me remettre sur le piton.  En congé pour éviter qu'une situation semblable ne revienne me mettre K.-O.

Je serai moins présente sur les réseaux sociaux.  Ma maladie mentale m'empêche de me concentrer sur moi plutôt que sur lui. Puis, j'ai tendance à m'éparpiller. Je dois centrer mes ressources internes vers un seul but; mon rétablissement.

Mais, je vais continuer d'écrire ici.  Je me rends compte que cela me fait un bien fou. Et surtout, avouer publiquement cette maladie invalidante aidera peut-être quelqu'un d'autre.  

Car, je ne suis que son instrument.  Je n'ai plus la force d'être autrement.


12 commentaires:

Joane Charron a dit...

Belle et douce Christine, je suis de tout coeur avec toi. Je lis tous tes textes inspirants et celui-ci ne fait pas exception. Sois bonne avec toi, ne fais que ce qui te fait du bien, tu le mérites. N'oublie jamais que tu es la personne la plus importante...Câlins et bisous, Joane.

Mlle Christine a dit...

Merci Joane,
Je prends à coeur tout le soutien qu'on m'apporte.
xxx

Mitch a dit...

Très chère Mademoiselle Christine,
alors que je lisais au réveil ton post précédent, j'ai glissé vers le dernier et me voilà ici...parce que dès les premiers mots j'ai ressentis résonner (raisonner, peut-être aussi ?) les souffrances de mon passé pas si lointain. Ah, oui, ça fait drôlement mal, et je m'étais retrouvé abasourdi par mon propre état : une longue chute où je suis resté prostré incapable de faire le moindre geste, me regardant tomber toujours plus bas, effrayé de la profondeur de mes propres abymes...et j'ai eu beaucoup de peine en te lisant ce matin, car je te vois là en train de souffrir. J'en reconnais les symptômes. Il faut dire que tu écris bien ! Je ressens tes émotions, tes angoisses. Bien sûr, tout ça n'est qu'une phase et tu le sais mieux que moi. Tu l'as écrit cent fois. Mais ça fait mal. On voudrait juste que ça s'arrête, reprendre son souffle, respirer un peu. Ecrire m'a aussi beaucoup aidé, des pages dans mes petits cahiers. Mes enfants aussi, mes amis. Mais au fond, c'est bien en nous qu'est la force de sortir de tout ça.
Je me suis demandé si ça avait un sens de souffrir comme ça ? Je ne sais pas. Il paraît que ce qui ne tue pas rend plus fort. Aujourd'hui je crois que les gens avaient raison de me dire ça. Mais hier, dans ma souffrance je n'y ai pas cru une seconde.
Vraiment ça me rapelle tout mon chemin ! La séparation, les problèmes matériels, les enfants, le doute, l'envie que ça s'arrête...Il y a quelques temps je lisais ton post sur le défi de tes limites, et tu m'avais répondu qu'en allant se frotter à ses propre limites, on se rends compte qu'on est plus que ce qu'on croit. C'est vrai. J'ai aussi appris que j'avais des limites que je ne voulais pas franchir, que je devais prendre soin de moi et m'en tenir éloigné, m'accorder du temps. Oui, prends du temps pour toi.
Non, tu n'as pas failli. Loin de là. Quel courage de partager tout ça ! Quelle patience de trouver les mots, de clarifier tes émotions pour nous les transmettre. Oui, ce que tu écris aide ! Un heureux chemin, c'est que je te souhaite. Et je crois que là tu fais un chemin difficile, , sans doute tu gravis une montagne. Etre heureux n'est pas confortable dit Thomas d'Ansembourg. Le chemin n'est pas toujours une promenade. Comme disait Anthony de Mello, je crois, "Les choses agréables nous font du bien, mais elle ne nous font pas grandir. Ce sont les choses désagréable qui nous font grandir". Alors je crois que tu fais de grands bonds aujourd'hui et je sais combien c'est difficile.
Tu es fragile, hypersensible, un mental fort ? Tant mieux ! Ceci est ta force ! C'est comme ça que tu nous touches, que tu nous parles. C'est ça qui donne du corps à ce que tu écris. Et tu connais tes talents ! Tu n'es pas qu'un instrument. Tu es bien plus. Moi, j'aime ce que tu es et ce que tu écris.
Nam myoho renge kyo.
Mitch

Mlle Christine a dit...

Tu sais que tu me fais un grand bien Mitch avec ce commentaire ?
Je sais que c'est un état temporaire, mais combien oh ! insécurisant... En attendant, j'écris, je créé et je me donne le droit 1000 fois encore d'avoir de la peine. Un jour, elle partira cette peine, comme elle est venue.. en tout cas, je l'espère fort fort.

caroline a dit...

parler et parler encore... parle en, fais sortir le méchant pis crie le au monde entier que tu as un trouble d'anxiété. Fais du sport, défonce toi, tu vas te sentir en vie comme jamais. Réapprend à respirer. C'est un travail de tous les jours mais ça fais moins mal de jour en jour aussi. Moi ya presque personne dans mon entourage qui sais pas que j'ai un TAG, je le dis même en entrevue maintenant. Ils savent avec quoi ils auront à dealer pis si ça fais pas leur affaire ben tant pis... Je te comprend tellement y'en a beaucoup plus qu'on pense qui vivent avec ça.. Pis t'es forte en maudit de pas t'être écrouler avec tout ce que tu as traversé. Bonne guérison :)

Sophie Beauchamp a dit...

Christine, je croyais me lire dans presque tout ce que tu vis... J'étouffe, mon coeur est en prison et sous emprise et j'essaie fort de m'en sortir aussi mais mon dieu que ça fait mal encore très mal depuis trop longtemps... Tres bon texte et je me sens moins seule .... Sophie

Anonyme a dit...

Vivre la peine, la laisser nous envahir, la comprendre, puis la laisser partir. Parce que oui, elle partira, croyez-en mon expérience. Un jour vous vous sentirez mieux, et la peine reviendra vous hanter de temps à autres, au hasard d'une photo trouvée, d'un visage associé à cet ex, d'un objet que vous chérissiez. Laisser ces émotions vous envahir, c'est le meilleur moyen de vous en débarrasser.

Namaste

Karine

Julie Lavoie a dit...

Tout mon coeur est avec toi ...
Pour etre passé par là , il y a quelques semaines peut-être même quelques mois. Je ne sais plus . Il est partie avec ce qu'il me restait de coeur et de respect pour moi-même. Je l'avais vu venr gros comme mon fils et ses grands yeux de biches qui veut jouer a la tablette quand il s'est bien qu'il n'a pas le droit. J'ai "squatté" mon divan en installant un micro-systeme dans mon salon avec enfants ! Je n'ai pas bougé ( ni mangé , ni même lavé mon moi-même ) pendant 9 jours ( ok j'ai bien dû me laver un moment donner la dedans vu que mes enfants sont encore en santé) mon cerveau n'en pouvait plus ... Je n'arrivais plus a rien sauf a penser a cette catastrophe familliale-amoureuse...Quand j'ai du appeller Hydro pour changer le comptes , j'ai tellement pleuré que l'homme au service a la clientele ma raconté sa derniere separation et a pleuré avec moi ( et je ne raconte même pas d'histore là) Puis un jour mon ptit(grand trop grand ) garcon de 6 ans m'a dit :" tsé mammou , on va se refaire une vie sans lui ! On va se faire des nouvelles emissions préférer et mamou tu oourras ecouter toutes les emissions de cuisines que tu veux maintenant". Ce jour là , malgrés mon coeur brisé , ma nouvelle vie de maman mono-avec la sclerose en plaques- en pleine dépression que ca finirait par aller mieux ... Un jour! C'est plate mais la seule chose qui t'aidera et finira par te réconforter c'est le temps!! Mets la "switch" a off !! Pense a rien , du moins essaie ! Mange des chips assise dans vieux jogging les cheveux gras et le menage pas fait !! Pleure , ca fat sortir le mechant te dirais ma grande hypersensible de fille!!! Mets toi hors d'usage pour ton bien être a toi et tes cocos!
Courage ! On est plusieurs j'en suis sur a t'envoyer pleins d'amours , de calins !!! Penses à toi !!!

Mlle Christine a dit...

Sophie, anonyme et Julie,
Vous me faites un grand bien ce soir.
Je me retiens tous les jours pour ne pas lui texter, mais, je me parle, mes enfants sont présents, j'ai des ami(e)s qui me ramènent à l'ordre. Mais c'est fou combien je l'aime cet idiot d'adulescent !!!! Un jour, un jour, quand le souvenir de son visage et de son odeur seront presque oubliés, j'en rirai sûrement. D'ici là, je me conforte dans ma capacité à être authentique.
Merci !!!

Anonyme a dit...

Tu ne me connais pas, mais je connais ton mal, ta maladie, ton état.
Il n'y a rien que je puisse dire qui t'aidera, mais laisse toi prendre dans les bras, serre tes enfants, fais-toi masser...c'est comme se noyer...c'est le corps des autres qui nous fait respirer à nouveau, qui nous réchauffe...pleure si tu veux, je te tiens le main

Anonyme a dit...

Chère Malade,
Je me présente anonyme, car je ne suis pas prête à me laisser aller sous la loupe dans le moment.
Sache que tu n’es pas seule, loin de là dans ce capharnaüm d’émotions, de rejets et d’incompréhensions.
Je sors doucement d’une dépression sévère que je n’avais pas vue venir. Avec mes 11 ans de célibat, de me faire niaiser sans cesse, un moment donné j’ai laissée aller et j’ai arrêté de provoquer des rencontres. Ça allait un beaucoup mieux, j’ai rencontré un homme charmant nous avions beaucoup en commun, c’était super. Je ne voyais pas que ça n’allait plus, j’étais sidérée d’avoir enfin rencontré quelqu’un d’aussi super.
Jusqu’au jour qu’il me laisse là, drette là. Je me suis effondrée. Ça m’a pris un bon deux ans à laisser-aller, je me trouvais tellement moche de lui avoir écrit aussi souvent. Lorsque j’ai su qu’il riait de moi, j’ai arrêté. Fallait que ça cesse.
Je me suis débattue au travaille, j’allais à la gym 3-4 fois semaine, je m’occupais du sport de ma fille et d’elle le restant du temps, j’ai rempli mes journées au maximum. J’ai fait deux courses, j’étais fière. Mais dans tout ce train-là, j’ai peut-être omis ma fille sur certains point, j’ai omis mes amis.
J’ai rencontré un vieil ami, nous nous sommes vus pendant une bonne année, rien de sérieux, rien de charnel, j’allais encore à la gym, le sport de ma fille et elle aussi bien entendue, tout roulait au maximum, et PAF j’ai changé de boulot. Il y a eu du harcèlement à mon endroit, j’ai dépéri tellement vite que je n’ai rien vu arriver.
Mon ami est devenu mon chum, il voyait que rien n’allait il me manquait cette bonne humeur que j’ai toujours eue. J’ai consulté, DÉPRESSION MAJEURE!! J’ai du arrêter de travailler pendant 2 ans, j’ai perdu ma fille devenue adolescente rebelle qui trouvait plus facile rester chez son père, lui c’est fait un plaisir de me démolir encore plus avec des avocats pour avoir plus, pour avoir l’air du plus fort, du meilleur. J’ai changé de médications à plusieurs reprises, j’ai arrêté la gym, le sport de ma fille ne m’intéressait plus, je ne dormais plus alors encore plus de médication.
J’ai vu des psychologues qui ma foi, je ne sais pas comment ils le sont encore, j’ai vu une psychiatre… oui j’ai un plan! Oui j’y ai pensé souvent, mais ne l’ai pas fait. J’ai vu un Ergothérapeute pour apprendre à gérer mon temps, mes activités, mes biens-faits. J’ai trouvé une psychologue qui est mon match parfait. Dans tout ça mon chum/conjoint ne s’est pas sauvé, il est resté là patiemment, IL EST FORMIDABLE.
Mon deux ans arrive bientôt, je vais recommencer à travailler à temps plein après avoir fait longtemps du temps de réadaptation. Ma fille n’est pas revenue, j’en suis triste, mais je n’y peux rien, sauf être là pour elle. Son père tente encore par tous les moyens de me descendre, je le sais j’en ai des échos constamment. Mon gentil conjoint et moi, ça va bien, c’est une adaptation. J’ai appris à m’écouter, mes besoins, mes aspirations. Alors je bénévole pour le sport de ses filles, car je ne vois pratiquement plus la mienne. Je fais présentement du bénévolat pour une autre association de ma région. Ça me fait un grand bien. Je suis en rémission!
Va chercher toute l’aide nécessaire, même si tout est mêlé, entremêlé dans ta tête et dans ton cœur, même si tu ne sais pas par où passer. Vas-y avec ta première idée (moi c’était un psy et ça pris du temps et de l’argent. Mais je l’ai trouvée). Peut-être que toi c’est quelqu’un d’autre. Délaisse les gens négatifs, ils ne t’apporteront rien.
Je te souhaite d’être heureuse, il y a un chemin à travers cette brousse qui t’apportera vers un horizon meilleur.
Une malade en rémission

Mlle Christine a dit...

Chère malade en rémission,
Ta générosité de partagé ton parcours me touche beaucoup.
Vous êtes nombreux à avoir été touchés par ce message, et je me rends bien compte que nous nous rassemblons bien plus dans la souffrance que dans la joie. C'est bien malheureux, mais c'est humain.
Oui, je prends toute l'aide qu'on me donne (docteur, psy, lecture, écoute, etc), mais le plus gros travail viendra de moi, de mon attitude et du sérieux de ma démarche.
Le meilleur est à venir !