15 janvier 2018

Quand ta face ne me revient pas


Souvent, je me questionne à savoir si je suis la seule d’aussi intense dans sa démarche de croissance personnelle. Dans ma décision d’être meilleure humainement; dans les paramètres que je m’oblige à respecter, tel un ascète (mon fantasme ultime ! Je sais qu’on ne fantasme pas toutes sur Arnaud Desardins lol).

Comme dirait ma mère «Tant qu’à faire de quoi, fais le comme il le faut, sinon, ne le fais pas du tout». Adolescente, belle excuse pour rester passive et lui permettre de faire les choses à sa façon si elle insiste tant.  Adulte, j’ai attrapé la croyance comme un virus latent qui sort exactement au moment où je devrais lâcher le morceau et être plus indulgente envers moi.


Je traite mon cheminement personnel aussi sérieusement qu’un remboursement d’impôt. Je m’assure de faire ce qu’il faut, comme il le faut, dans les temps impartis pour éviter une réalité imposée.  La joie elle ? Ben, c’est pareil. Tu devrais me voir le sourire aussitôt le chèque de remboursement en poche! Ma constance et ma persistance à faire les bouts plates payent toujours.

Est-ce que tu t’obliges à aimer tout le monde?  En humain normal, je suis sûre que non.  Tu ne peux pas être comme moi, c’est impossible. Tu te rappelles de la fameuse réclame de Jésus «Aime ton prochain comme toi-même»?  Quand nous sommes en démarche spirituelle, est-ce une obligation d’aimer le genre à deux pattes, quoi qu’il sente, ait l’air, affirme ou fait sans distinction à nos préférences? Si ce n’est pas une priorité d’aimer tout le monde alors, qu’est-ce qui le devient ? Qu’en est le dessein intrinsèque? Passer au travers les murs ? Ne plus se réincarner? Communiquer avec les anges? Léviter? Abattre des records aux compétitions des prosélytes? Moi, je médite plus que toi gnagnagna... Je me gèle au jus vert, je mange de la bouffe crue pis je chie bio. C'est qui ton pusher de myrrhe? Ha oublie ça, je me suis convertie aux huiles essentielles, mon transit est perfect! Ça glisse!

La chanceuse. J'ai des reliques de catholicisme en moi. En fait, tout ce qui s’apparente aux messages d’amour universel prônés par ceux qui dictent quoi faire (mais ne le font pas). Je ne me donne pas le droit d’aimer sous condition.  OK, je me permets de râler contre quelqu’un, mais je fini toujours par m’obliger à de bons sentiments. Même si ces sentiments sont bien cachés.  Ce n’est même plus une question de libre arbitre. S’en est triste parce que je peux être en présence de personnes qui me pèsent royalement sur l’ego alors que je pourrais affirmer bien fort que je ne les aime pas.  Pis ça ne parait même pas.  Non, non, faut surtout pas que ça paraisse.  Je me dois d’aimer tout le monde. Alors je fais « comme si ». Je te rassure tout de suite, ces personnes avec qui je fais semblant, ce sont TOUJOURS des personnes dont je sais qu'elle ne m’aiment pas initialement.  Parce que MOI, tu vois, j’aime tout le monde…

Je te parle de ça parce que j’ai eu une prise de conscience cette fin de semaine lors d’une formation en coaching. Lors de cette formation, il y avait une personne dont je sais que je tombe royalement sur les nerfs.  Je le sais dans la façon qu’elle me regarde, ses airs de dégoûts quand je parle, son attitude hautaine et surtout la manière que je me sens en sa présence ; je me sens de trop.  Et si je ne le sentais pas, elle s’arrangerait pour que je le sente.  Tu vois le topo?  Une personne difficile à aimer.  J’ai de la difficulté à endurer la présence du père de mes enfants, mais cette personne c’est le summum.  Tu te sens de la merde en sa présence.  Et j’ai connu deux fois cette sensation auparavant dans ma vie, et c’est toujours avec des femmes. 

Donc, lors de cette formation, elle m’a clairement (même pas insidieusement) fait ressentir de trop et que je n’avais pas ma place, que mes questions étaient sottes et que je devrais prendre mon trou pour ne pas déranger son ego tout puissant.  Elle ne m’aime pas la face, et je ne sais même pas pourquoi.

Alors, je me sens impuissante, car je n’ai pas couru après. Fait-on réellement exprès pour ne pas se faire aimer? Comme je ne sais pas trop comment gérer ce sentiment alors je fais ce que je sais si bien faire : je réagi inversement aux attentes de la personne.  Rebelle. Tant qu’à te faire suer juste en étant LÀ, ben je vais être très très là. Hey que tu m’as trouvé rushante avec mes questions et ma toute présence.

Ce soir-là, de retour à la maison, au lieu de faire ce que j’ai à faire, mon esprit est envahi par cette personne et ce qu’elle pense de moi et combien je ne mérite aucunement ce rejet. Une vraie victime quoi! Ma boite à soucis fonctionne à son maximum, alors qu’elle, elle doit juste se sentir mieux depuis que je ne suis plus dans son territoire. Puis, la question suivante se pose à moi naturellement : Christine, dois-tu réellement aimer tout le monde?  (Oui, je me parle et me pose des questions souvent.  Pis je me réponds, pis je m’obstine.  Allo Dr ?).

Ma réponse d’humain : Oui je me dois d’aimer tout le monde si je veux être en congruence à ma démarche de croissance spirituelle.

Je me challenge : Pourquoi crois-tu que ta démarche de croissance demande d’aimer tout le monde?

Parce que c’est ce que Jésus a dit. (Je suis fière de mon excuse)

Sur un ton sarcastique : Ha ok. Une chance qu’il n’a pas demandé un truc encore plus insensé… Tu aurais ben acquiescé comme un mouton de panurge.

Hum.. Bon. Que veux-tu que je réponde à un esprit si logique?!  Sans farce, je ne suis pas connectée directement avec la source divine, alors je vis ma spiritualité à taton. Prenant comme modèle des personnes d’un niveau plus élevé que le mien. Rien de mieux pour complexer son disciple…

Humainement, il m’est impossible par moi-même d’aimer tout le monde égal surtout ceux qui viennent choquer mes principes, valeurs, et croyances.  Dans ce genre de situation, je suis confrontée à ma propre carte du monde qui ne semble pas faire l’unanimité. Mais je le veux sincèrement.  Je veux aimer tout le monde.  Sinon, quel est le but de pratiquer une voie spirituelle?  S’améliorer?  Pour qui? Devenir une meilleure personne?  Et si justement devenir une meilleure personne ne demandait seulement que d’aimer son prochain comme soi-même, rien de plus? Pas de performance sur aucun plan (alimentaire, sportif, intellectuel, mission personnelle, réalisation, purification, etc.)


Si tu ne sais pas comment t'y prendre fais comme si tu le savais


Ok, je peux respecter tout le monde de manière égale, c’est plus facile que de les aimer. Je ne les vole pas, ne les blesse pas, ne les brime pas, etc. Respecter mon prochain est-ce suffisant? Suffisant pour qui? Ben pour le percepteur d’impôt spirituel voyons, celui qui calcul mes actifs, mes passifs et balance le tout au mérite.  Haaaaaaaa  ok, tu le fais pas par amour, mais pour gagner « ton ciel ».  Asti que j’hais ça quand j’ai raison.

Résultats de recherche d'images pour « faire semblant »Donc, j’ai réalisé que ma démarche de croissance spirituelle était loin de partir d’une intention humble et pure.  C’était purement égoïste; pour m’éviter une réincarnation, pis tant mieux si les autres en bénéficient.  C’est poche.  Qu’est-ce que je fais maintenant? J’abandonne l’idée d’aimer tout le monde et je choisie le chemin de la facilité? C’est bien mal me connaître; pas assez compliqué. 

Étant fort consciente que les neurones miroir ne savent pas faire la différence entre ce qui est imaginé et ce qui est vrai, j’ai pris la décision de faire « comme si » j'aimais tout le monde, mais sans le faire dans le but d'être un bon disciple (performance - ego). Je reste authentique, je reste vraie, mais quand ta face ne me revient pas, je suis pas obligée de te le faire savoir.  Je fais comme si t'étais cool, pis c'est drôle parce que si tu n'es pas un cas désespéré, ben je finis par t'apprécier pour de vrai ;-).  De toute façon, il existe tellement de nuance dans l'amour que je ne verrais pas pourquoi que juste le fait de se respecter mutuellement ne serait pas déjà une marque d'amour.

Revenir à l'autre réclame de Jésus qui est tellement plus simple d'application : Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse.  C'est une manière détournée d'aimer son prochain comme soi-même sans se mettre de pression.  Pis mon karma est sauf.

P.S.: Pour celles qui me connaissent, je ne stoolerai aucun nom. Si vous vous reconnaissez dans le rôle de la pimbêche, il serait peut-être temps de changer ? Bonne introspection ;-)

aimer tout le monde
Ajouter une légende

Aucun commentaire: