9 avril 2018

Quand le voyage est meilleur que la destination



Je suis actuellement à la mi-temps de ma vie.  J'aurais 45 ans en octobre prochain.  Et je ne me suis toujours pas trouvé, ni trouvé ma voie, ni mon heureux chemin.  En fait, j'ai cru au début de cette quête qu'il y aurait un moment donné des réponses qui m’apparaîtraient sur ce que je suis venue faire dans cette incarnation.  La seule chose que j'ai découverte, c'est que plus je cherche des réponses, plus naissent d'autres questions.

J'ai étudié l'Enneagramme, la numérologie, l'hypnose de régression, la psychologie, la programmation neuro-linguistique, les méta-programmes, etc. Tout cela dans le but de me comprendre.  De découvrir pourquoi certaines personnes trouvent leur voie, accomplissent de grandes choses pour elles et pour les autres, brillent au milieu de nous, les badauds et donnent l'impression qu'elles ont trouvé leur POURQUOI. Vivent alignées sur leur essence, semblent être sur leur X.   Je suis aux antipodes.

Si je me fie à ce que la société attend de moi, je n'ai pas trouvé LE bon conjoint pour vieillir ensemble comme se doit toute relation amoureuse qui se respecte, je n'apprécie pas mon emploi professionnel dans lequel je suis depuis 20 ans, je suis à vendre ma 4e maison pour en trouver une autre,  je viens d'obtenir ma certification comme Maître en programmation neurolinguistique et je ne suis toujours pas convaincue de ce que je dois faire comme métier quand je serai grande.  Je commence plein de projet par passion, et je ne les termine pas par désintéressement.

On dirait que ma vie, depuis que je suis pleinement consciente de la vivre, se limite à expérimenter sans jamais m'installer définitivement. Comme si j'étais une voyageuse sans itinéraire ni destination. Comme un sac de plastique jeté à  l'extérieur et qui virevolte au gré du vent.  Je ne suis nulle part dans mon élément.  Et à chaque fois que je crois avoir trouvé ''du solide'' sur quoi m'appuyer un temps, il me glisse entre les doigts. Et je recommence ma quête sans fin.

Je viens de mettre fin à une relation amoureuse d'un an et demi.  J'aurais pu rester avec lui et emménager ensemble dans sa maison comme il était prévu. Mais plus j'étais en sa présence, et moins je me sentais heureuse.  Pourtant, n'importe quelle fille aurait été contente à ses côtés.  Mais je ne suis pas n'importe quelle fille.  Je n'ai pas la même vision de l'amour amoureux.  Même si je me crois polyamoureuse, je peux me satisfaire d'une relation exclusive entre deux personnes et être heureuse.  Reste que pour moi, la durée d'une relation n'est pas gage de réussite, mais souvent de concessions, d'attentes, d'exigences et d'oubli de soi.  Et je ne suis pas Mère Thérèsa.  Alors, quand il y a  plus de déplaisirs que de bonheur, je lève les pattes.  Un homme à beau être gentil, la gentillesse n'est pas suffisant. J'ai besoin d'être amoureuse d'un homme qui me tire vers le haut, et qui croit en moi quand moi je n'y crois pas.  Un homme qui sera, dès le premier jour, authentique et transparent sur ses défauts et impuissances au lieu de les laisser paraître une fois qu'une vie commune est installée : dans ce temps-là, je me sens prise au piège.  

J'achève mes études en hypnose holistique, j'ai terminé celles en PNL.  Je vise à devenir entrepreneure et ouvrir mon cabinet en coaching.   Suis-je excitée à l'idée ?  Plus maintenant, depuis que les études sont terminées.  Que se passe-t-il ?  Je préfère le chemin d'apprentissage à l'aboutissement.  Le projet en tant que tel me passionne, mais sa réalisation me fou la trouille.  Ma nouvelle passion ?  Les huiles essentielles.  Pour combien de temps ?  On s'en fout.

C'est comme les maisons.  Je trouve excitant tout le processus de recherche, le déménagement, l'emménagement, la décoration, l'installation.  Puis, après 2 ans, je suis prête à recommencer.  Comme avec les relations.  Pareil pour mes deux voyages à Disney; j'ai adoré la préparation, sélectionner les restaurants et manèges 160 jours à l'avance, fouiner sur les sites et forum Disney pour tout planifier; alors que le voyage, au bout de 3 jours, j'avais déjà hâte de revenir à la maison. Même chose pour le voyage à Rivièra Maya dans un hôtel 5 étoiles.

Mes enfants sont ma seule stabilité.  Cependant, il y a des journées où je suis bien heureuse qu'ils partent chez leur père... et qu'ils y reviennent.  Les animaux de compagnie ?  Ils finissent par me taper sur les nerfs. Un jardin ?  Mon père finit par s'en occuper.  

Ok, cela fait 20 ans que je suis à l'emploi du même employeur, mais j'y ai occupé plusieurs emplois différents.  Et là aussi, je désespère d'appliquer sur un autre poste pour m'y faire les dents.

C'est rendu que j'ai peur de commencer quelque chose parce que je sais d'avance que l'intérêt va s'en aller aussi vite qu'il s'est pointé.  C'est une perte d'énergie et d'argent aux yeux de plusieurs.  Même si le voyage en a valu la dépense.  Reste que ma quête du Graal est éternelle...  

Je suis désespérément à la recherche DU conjoint, DE la maison, DU métier auprès desquels je déposerai bagages.  Suis-je incapable de m'engager ?  Est-ce que quelque chose en moi est cassé ou n'a jamais fonctionné ?  Pourtant, ce n'est pas que je ne le veux pas.  Je rêve de me marier, mais je capote au simple fait d'être obligée d'endurer une relation qui me pèserait sur le coeur juste pour respecter ''pour le meilleur et pour le pire''.  Qui a réellement envie du pire ?   Faut vraiment avoir le goût du risque.  

Une vraie relation d'amour devrait être '' pour du meilleur, jours après jours''.  Les deux conjoints s'engageraient à devenir de meilleures personnes, donc progresser et non régresser.  Parce qu'on s'entend, la plupart des ruptures viennent du fait que l'un des deux ou les deux ont montré leur vrai nature après quelques mois de fréquentations idylliques.  Pis après tu es pogné avec un citron suite à de la fausse représentation.

Je prends donc conscience que je suis beaucoup plus intéressée par le voyage que par la destination, et ce, dans tous les domaines.  Et sincèrement, j'aurais préféré l'inverse.  Est-ce que ça se soigne ?  Je n'ai aucun goût de mourir, c'est plutôt l'inverse!  J'ai une soif de vivre, trop d'envies, trop de projets et d'intérêts, je suis une ''touche-à-tout'', mais cela ne me rend pas heureuse.  Pas encore.... 

Et si ma nature profonde était nomade ? Et que l'accepter serait la clé ?  Pourtant, au bout de 3 jours de voyage, j'ai hâte de retourner à la maison.  Un escargot.  Une nomade qui porte sa maison sur le dos partout où elle va serait l'idéal.  Mais encore... je finirais par la considérer comme un poids ou de m'en lasser tout simplement.  

J'aime faire simple quand ça se complique.  Je finis la plupart du temps désillusionnée. Le coeur dans la bouette. J'ai des coups de foudre, des coups de coeur pour tout, et la baloune finie par dégonfler en chemin plutôt que de se solidifier.  Je suis impatiente, j'aime que tout ce passe vite. Mon tempo est rapide. Pas de temps à perdre.  J'aime ce qui est intense, passionné.  Et quand j'aime quelqu'un, je l'aime pour vrai.  Malheureusement, ce sont les obligations, les exigences, les faux-semblants que je fuis, pas la personne ou l'objet de ma passion.

Je suis multipotentialiste.  Je suis constamment à la recherche du fameux fil rouge qui relie tous mes choix entre eux.  Pourquoi je ne me lasse toujours de tout, tout le temps ?  Je m'ennuie; je quitte. Je suis une éternelle débutante.  Les débuts de tout m’enthousiasment au plus au point.  La finalité m'importe peu.


Et puis, je n'aime pas le bruit. Et dans une relation, il y a toujours du bruit; le bruit de l'autre. Un bruit, pas toujours bienvenue. Des sons anodins peuvent tout d'un coup envahir tout mon espace et devenir complètement insupportables alors qu'ils sont tout à fait normaux pour quelqu'un d'autre.  

Pas besoin de vous dire que les ados ici se promènent obligatoirement avec leurs écouteurs.  Un ton de voix, le son d'une télévision ou d'une musique trop forte, les spectacles extérieurs, les bavardages incessants, je suis facilement agressée. Je souffre d'hyperesthésie.   Je suis hypersensible. Hyperactivité mentale. Je suis insupportable. J'ai gagné le jack-pot quoi !  Alors, souvent je me pousse avant qu'on me pousse vers la sortie.

Ma nouvelle quête ?  M'accepter tel que je suis plutôt que de vouloir à tout prix être normale et fitter dans un moule ou suivre un chemin qui ne me convient clairement pas.

Et toi ?  Tu es une personne stable dans tous les domaines de ta vie ?  C'est facile pour toi de te poser et d'y rester ?  Tu te reconnais dans ce qui est normal aux yeux des autres?

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